Réflexions du fauteuil : la petite revue de la semaine du 24 mai 2009
30 05 2009
Il y a un élément qui me frappe particulièrement dans ce qui a été révélé jusqu'à maintenant dans l'enquête publique sur l'affaire Villanueva. Les enquêteurs de la Sureté du Québec n'ont jamais rencontré les policiers impliqués qui n'ont donc jamais été interrogés ni fait de dépositions. On s'est contenté de rapports écrits et signés. Est-ce que c'est toujours ainsi que les choses se passent quand un corps policier enquête sur un autre? Si oui, c'est une vaste farce et un scandale. Cette directive ministérielle qui vise à plus de transparence quand des policiers sont impliqués dans des événements graves est complètement inutile si les enquêtes sont superficielles. Je dirais même que cette façon de faire ne vise qu'à protéger les policiers contre tout risque de remise en question de leurs motivations et de leur geste. C'est un exercice de camouflage pas de transparence.
Il fallait s'y attendre, la Fondation Rivière s'oppose au projet hydroélectrique Petit-Mécatina. La directrice de l'organisme, Anne-Marie Saint-Cerny, évoque le fait que nous n'avons pas besoin de cette électricité maintenant, que les Québécois vont en payer les frais et que la Côte-Nord est livrée aux bulldozers. Pour une fois que le gouvernement planifie, on serait bien mal venu de lui reprocher. L'hydroélectricité est notre plus grande richesse collective, profitons-en. Le coût des projets hydroélectrique est surtout constitué de jobs. Nous dépenserons de l'argent pour créer des emplois pour des milliers de travailleurs qui paieront des impôts. Voilà une façon exemplaire d'utiliser l'argent de nos taxes. Finalement, le Québec est vaste et compte des dizaines de milliers des rivières, de lacs et de cours d'eau de toute sorte. En transformer quelques-uns pour assurer notre avenir ne devrait pas être considéré comme catastrophique. Cela n'est pas non plus un empêchement à mettre de l'avant des projets d'économie d'énergie comme le souhaite la Fondation.

Fumeurs et motocyclistes, même combat! Après les fumeurs et le tabac, c'est au tour des motocyclistes et de leur moto de se retrouver dans le collimateur du gouvernement. La SAAQ leur a d'abord imposé des augmentations substantielles du prix des permis pour ajuster leur contribution à la hauteur des coûts que leurs accidents génèrent. Maintenant on songe à interdire les motos sport aux moins de 25 ans. Je suis d'accord avec les deux mesures. Ce qui m'interpelle, c'est que cela ressemble beaucoup à la stratégie gouvernementale pour combattre le tabagisme. La moto fait beaucoup de victimes comme le tabac, elle coûte cher au système de santé et elle affecte la vie des non-motocyclistes par un effet secondaire et polluant, le bruit. Je ne serais pas surpris qu'il y ait bientôt des citoyens pour réclamer l'interdiction pure et simple des grosses cylindrées bruyantes et polluantes comme certains le font pour le tabac. On n'arrête pas le progrès!
La ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, nous a fait une belle démonstration de valse à trois temps dans l'affaire du style de vie prétendument luxueux du PDG de la SODEC, Jean-Guy Chaput. Elle a d'abord réclamé sa démission quand le Vérificateur général a blâmé l'organisme pour ses pratiques administratives et financières discutables. Elle en a rajouté dans un pas de deux avec le premier ministre Charest quand ils ont appris que M. Chaput logeait dans une chambre d'hôtel à 1,300 $ par jour avec vue sur la mer pendant le Festival de Cannes. Puis, elle a terminé son spectacle par une valse-hésitation quand l'accusé a menacé de poursuivre le gouvernement s'il mettait fin à son contrat avant l'échéance d'octobre prochain. On aimerait que nos ministres soient toujours aussi pressés quand vient le temps de redresser la barre dans des dossiers prioritaires. Quant à Monsieur Chaput, il devrait rencontrer son avocat le plus vite possible puisque le conseil d'administration de la SODEC a recommandé sa destitution après une réunion de 9 heures vendredi.
PS Je suis allé à Cannes souvent, pas au Festival du film, mais pour des congrès internationaux sur les communications qui attirent autant de professionnels. Les chambres les plus ordinaires coûtent plus cher qu'une petite suite à Montréal. Ça ne me scandalise pas que le PDG d'un organisme aussi vital pour notre cinéma qui doit négocier avec les plus importants intervenants du cinéma francophone pour discuter de distribution et de coproduction habite dans un hôtel ayant un certain standing. Les Français particulièrement, ne prendront jamais au sérieux un PDG qui a l'air d'un plouc en habitant dans l'arrière-pays dans une chambre à 300 euros.
Voici deux affiches qu'on a vues un peu partout cette semaine. Elles se passent de commentaire. Je ne peux pas m'empêcher de les reprendre tellement elles sont à la fois magnifiques et terribles.


Voici quelques petites vites publiées sur Twitter cette semaine :
Sur Twitter, concision et circoncision sont synonymes. Pour qu'un texte entre dans la fenêtre, il faut toujours en couper un petit bout.
Freddy Villanueva est tellement connu qu'on croirait qu'il est un enfant de la balle. Malheureusement, il en a reçu 2 de trop.
Si je marche à gauche sur un trottoir à Montréal, est-ce que je peux avoir une contravention pour avoir circulé à contresens?
Les avocats coûtent la peau des fesses. Les policiers qui ne paient pas ont le cul bordé de nouilles. Les autres sont les nouilles...
Le Fond de solidarité de la FTQ veut investir dans l'achat du Canadien. Tony Accurso va mettre son yacht de complaisance en garantie.
Les femmes sont moins vulnérables à la listériose que les hommes. Par contre, elles sont plus souvent victimes de l'hystériose périodique.
Publié par : jacqueso à 09:59:15Permalien
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